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16 septembre 2009 3 16 /09 /septembre /2009 10:36



Il y a de cela très longtemps, vivait un homme cupide et ambitieux nommé Louarn. Il était fort jaloux et ne supportait pas que l'on puisse le surpasser, hors il arriva que son plus proche voisin entreprit d'agrandir sa maison et plus les travaux avançaient,  plus notre homme enrageait de ne pas avoir si belle demeure.

- Cela n'est plus possible,  mon voisin me nargue, il faut que je trouve un moyen d'obtenir une maison plus belle encore.

Louarn se mit en quête d'un maçon qui lui bâtirait la demeure de ses rêves, mais très vite il dut déchanter, car les prix demandés dépassaient largement ses moyens.

- Qu'ils soient tous maudits ! J'aurai cette maison quoi qu'il m'en coûte et même si pour cela je dois pactiser avec le diable. Mais tout bien réfléchi, le diable est malin et je pourrais me faire rouler ; une fée peut-être ?…Louarn n'en connaissait pas. "Ou alors une sorcière ? oui une sorcière , la vieille Madalen.
Au village on racontait qu'elle avait le mauvais œil et certains l'avaient même vue chevauchant un balai par-dessus les marécages. Il se mit aussitôt en route, et bientôt atteignit la demeure de la sorcière. C'était une cabane au toit de chaume, envahie par la mousse et l'herbe folle. Sur le seuil de l'entrée un chat noir à l'allure famélique semblait monter la garde ; Louarn s'approcha et frappa trois coups à la porte ; celle-ci s'ouvrit toute seule. Il entra, la pièce était sombre, à peine éclairée par une cheminée de pierre où flambaient quelques bûches.

 

- Y a quelqu'un ? cria t-il peu rassuré !

- Ne hurle pas comme ça, répondit une voix, et, émergeant de l'ombre comme un fantôme de la nuit, Madalen apparut. Elle avait un visage tellement ridé qu'il était impossible de lui donner un âge ; ses longs cheveux blancs s'entremêlaient dans tous les sens et son nez, long et courbe, la faisait ressembler à un oiseau de proie.

- Que me veux-tu ? demanda t-elle en posant un regard perçant sur notre homme.

- J'ai besoin de tes maléfices, répondit Louarn. Serais-tu capable, avec ta magie, de me faire bâtir une maison à nulle autre pareille ?

- Par les cornes du fourchu, douterais-tu de mes pouvoirs ? Je le peux et il ne t'en coûtera rien, j'y mets cependant une condition.

- Ah ! oui laquelle ? demanda notre homme.

- Il faut que jamais, tu m'entends, jamais, tu ne passes une nuit sous l'arbre au sabbat car ton âme me serait acquise pour l'éternité.

-Tope là, s'écria ravi Louarn, voilà une maison qui ne me coûtera pas, et comme je n'ai pas l'habitude de passer mes nuits sous les arbres, je ne risque rien.

Madalen le conduisit alors au milieu d'un champ, puis de son doigt elle creusa un trou dans le sol. Après y avoir déposé un caillou, elle prononça une incantation et referma le trou en y plantant un bâton.

- Reviens à la nuit tombée, dit Madalen, ta maison sera bâtie mais souviens-toi : ne passe jamais une nuit sous l'arbre au sabbat.

 -Ne crains rien, la vieille répondit Louarn "Tiens ta promesse, je tiendrai la mienne. »

 Là-dessus, notre homme prit congé de la sorcière et s'en retourna chez lui.

Jamais les heures qui le séparaient de la tombée du jour ne lui semblèrent si longues et dès que le soleil disparut de l'horizon, Louarn partit en courant.

Arrivé sur les lieux, il vit que la sorcière avait tenu sa promesse. Une énorme bâtisse de granit se dressait dans le noir. Bon sang ! Pensa Louarn, cette maison est encore plus grande que je n'osais l'imaginer, mon voisin en sera vert de jalousie.

Lentement il poussa la lourde porte de chêne et entra. Eclairée par les rayons de lune, la pièce principale paraissait immense. En son centre, un énorme pilier soutenait une charpente aux formes compliquées, à son pied un lit digne de celui d'un roi semblait attendre notre homme qui, épuisé par cette longue journée, s'y allongea et s'endormit.

Quand Louarn se réveilla, il faisait jour et une brume étrange flottait dans la pièce. Il courut vers la porte car il voulait admirer sa maison en plein jour, cependant, malgré tous ses efforts, il ne réussit pas à l'ouvrir. Il se précipita alors vers les fenêtres mais sans plus de succès : un mur invisible le retenait prisonnier.

Quel mauvais tour lui avait donc joué la sorcière ?

Un rire glacial le fit sursauter, il se retourna et ce qu'il vit le remplit d'effroi : le pilier contre lequel s'appuyait le lit était en fait le tronc d'un arbre dont les branches formaient la charpente.

- L'arbre, hurla Louarn, L'arbre au sabbat !

Mais il était trop tard : notre homme avait passé la nuit sous l'arbre maudit et le piège de Madalen s'était refermé à jamais sur l'ambitieux Louarn.

 

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  • : Les Bretons brandissaient leurs terrible penn-bazh ! Je ne sais plus de quel ancien livre j'avais tiré cette phrase mais ce fut le début d'une belle aventure.
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