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27 octobre 2009 2 27 /10 /octobre /2009 18:22

Dans un pays lointain, un riche marchand sentant sa fin prochaine fit venir son plus fidèle serviteur.

- Mon ami, je sais que le temps m’est compté, aussi, avant de paraître devant mon créateur, je tiens à faire un geste pour le pays qui m’a vu naître, ma chère Bretagne. Prends cette bourse emplie de pierres précieuses et embarque toi pour la Françe, Là-bas rends toi dans mon village natal, trouve la personne la plus méritante et remets lui cette bourse.

Le serviteur prit congé de son maître et fit ce qu’il lui avait demandé. Il prit un voilier et quelques semaines plus tard arriva au port de Brest. Ayant débarqué, il se mit en chemin pour le village que son maître lui avait indiqué. La route était longue et sinueuse. Quand il arriva enfin, fatigué par le voyage et couvert de poussière, il se rendit tout naturellement au manoir du lieu, pensant que la personne importante qui devait vivre là, devait être la plus méritante. Ayant frappé à la porte il demanda à être reçu.

- Monseigneur, il y a dans la cour un voyageur qui vous demande d’être reçu.

- De quoi a t’il l’air, le bougre ?

- Il a la mine sombre et l’habit bien sale, Monseigneur.

- Je n’ai que faire de tous ces mendiants et ces va-nu-pieds qui frappent à ma porte ! Qu’on lui donne la bastonnade et qu’on le jette dehors.

Le pauvre homme fut saisit, roué de coups et jeté au fossé. Couvert de boue, le visage en sang il partit se réfugier dans la cour d’une ferme. Mal lui en prit car le paysan le prenant pour un rôdeur lâcha sur lui ses chiens.

- Attaquez ! Mes loups. Maudit briguant ! Il n’est pas né celui qui me volera mon bien.

Mordu de toutes parts, les vêtements en lambeaux, notre homme frappa aux portes des maisons du village, mais l’étranger faisait peur et les portes restaient closes. La nuit était tombée et notre ami avait froid et faim. L’aubergiste, devant sa triste mine lui avait refusé le gîte et le couvert. Harassé, ne sachant plus où aller, il se dirigea vers la petite église et s’allongea sous le porche. Un bruit le fit sursauter. Sortant de l’ombre face à lui se tenait une mendiante.

- Vous m’avez l’air bien mal en point, dit elle, on voit bien que comme moi la chance ne vous a pas servi. Tenez prenez un peu de ce pain, ce n’est pas grand chose, mais cela vous donnera des forces.

Dieu soit loué, murmura l’homme, puis s’adressant à la mendiante il lui déclara : « Toi qui m’a fait l’aumône d’un sourire, d’une parole. Toi qui as pris pitié de moi en me donnant du pain, tu est assurément celle que je cherchais.

Il remit à la mendiante la bourse que lui avait confié son maître et sans attendre avec le sentiment du devoir accompli, disparut dans la nuit.

Quant à la mendiante ainsi devenue riche, elle ne manqua jamais de laisser à sa table, une place pour le pauvre ou l’étranger qui passe.

 

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commentaires

zerlina 30/10/2009 23:36


tu sais à quoi elle me fait penser cette histoire ?
A une chanson du regretté Brassens : "L'auvergnat".
Là encore, c'est celui qui n'a rien qui apprend aux autres
comment on donne.

Bizzz

zerlina


le passager 01/11/2009 20:24


C'est souvent le cas.
BISOU à toi et à Youna 


Coqueline 29/10/2009 20:35


Une bien belle histoire...c'est l'assiette du pauvre qu'on laisse sur la table de Noël, non???? dans d'autres régions peut être????j'en ai toujours entendu parler dans ma jeunesse, et je suis
lorraine!
Bonne soirée à vous


le passager 30/10/2009 09:28


Oui l'assiette du pauvre, cette part dont on est redevable à celui qui n'a pas eu la même chance que nous. 


Renard 29/10/2009 03:35


J'adore ces paraboles qui tout en évoquant une histoire, peuvent faire réfléchir l'enfant (ou l'adulte) à qui elle sont racontées
Merci à toi Passager 


le passager 29/10/2009 08:34


Je crois que c'est un des rôles important du conteur, il ne sagit pas d'asséner des vérités ou ... Des mensonges mais si on peux amener les gens  à réfléchir sur eux, sur leur environnement,
 à ouvrir un peu les yeux et le coeur. 


agathe 27/10/2009 18:33



elle est bien jolie cette histoire
bonne soirée Le Passager



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  • : Les Bretons brandissaient leurs terrible penn-bazh ! Je ne sais plus de quel ancien livre j'avais tiré cette phrase mais ce fut le début d'une belle aventure.
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