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5 novembre 2009 4 05 /11 /novembre /2009 18:00

Jamais Avesnois n’avait connu pareille sécheresse. Sources et rivières s’étaient taries et l’on entendait dans la campagne le beuglement du bétail que la soif tenaillait.

Debout devant sa terre, un homme regardait avec angoisse les jeunes pousses de blé rabougries. Il fixa le ciel espérant y voir quelques nuages annonciateurs d’une pluie salvatrice mais celui-ci d’un bleu immaculé ne lui laissait que peu d’espoir, la récolte était compromise. Quand il rentra chez lui, sa femme l’accueillit avec un pâle sourire.

- Nous n’avons plus rien à manger, j’ai donné au petit le dernier quignon de pain qui nous restait.

L’ homme s’assit et se prit la tête entre les mains.

- S’il ne pleut pas bientôt, la récolte sera perdue, il nous faudra quitter notre terre et trouver un travail pour survivre.

- Ne t’inquiète pas, répondit sa femme, je suis certaine que Dieu ne nous laissera pas tomber.

- Tu as raison, se lamenter ne sert à rien, je vais monter au bois qui surplombe notre terre, j’y ai vu tout à l’heure les traces d’un cerf et avec un peu de chance ce n’est pas aujourd’hui que nous mourrons de faim.

L’homme s’arma de son arc et pris la direction du bois. Arrivé sur les lieux, il s’enfonça dans les taillis à la recherche de l’animal. Notre paysan n’avait pas fait cent pieds, qu’un bruit attira son attention. Doucement, il se coula entre les arbres, approchant avec prudence. Le cerf était là, bien campé sur ses pattes les naseaux ouverts, humant l’air, prêt à fuir un danger qu’il sentait proche. D’une main ferme l’homme banda son arc et ajusta l’animal. Il allait décocher sa flèche quand surgirent d’un fourré, une biche et son faon. A cet instant ! devant la mère et son petit, il ne put s’empêcher de penser à sa femme et à son fils. Quel homme était-il donc de vouloir d’un trait, briser une si belle famille. Lentement, il baissa son arme se refusant à commettre l’irréparable. Son regard croisa celui du cerf, la bête l’avait aperçu et pourtant ne montra aucun signe de frayeur. Soudain ! elle Baissa la tête et par trois fois  heurta le sol de son sabot avant de disparaître comme par enchantement suivi de la biche et de son faon.

A l’endroit où le cerf avait frappé le sol jaillit une fontaine, son eau pure forma un ruisseau qui, dévalant la pente se répandit sur la terre asséchée redonnant vigueur au blé que l’homme avait planté. De ce jour, le paysan et sa famille ne connurent plus la misère et remerciant Dieu l’homme nomma ce lieu Cerfontaine.

 

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commentaires

saadou 07/11/2009 10:02


j'adore quand les histoires finissent bien; je voudrais que ce soit toujours comme ça et qu'une bonne action soit toujours récompensée parce que c'est juste !
je te bise fort, passe un bon week end avec ta troupe gauloise? ou sur les monts d'arrées? caresses au chien


zerlina 06/11/2009 19:45



Il est superbe ce conte, vraiment superbe. J'adore, et Youna aussi.

Bizz

zerlina



PHILIPPE 05/11/2009 20:04


Très beau conte que j'avais un peu oublié ! Merci Dominique de le rappeler ! Je continue de me documenter sur le patrimoine de Ferrière et des environs pour préparer des animations avec les enfants
de l'entraide scolaire notemment. Amicales salutations.


le passager 09/11/2009 20:29


Merci philippe
toute mon amitié à toi et aux tiens


Renard 05/11/2009 18:28


Que c'est joli... mais qu'il est joli ce conte...
Je n'aime pas la chasse, alors je suis d'autant plus contente de voir qu'il n'a pas tué...
Merci pour cette histoire Passager, bonne soirée à toi 


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  • : Les Bretons brandissaient leurs terrible penn-bazh ! Je ne sais plus de quel ancien livre j'avais tiré cette phrase mais ce fut le début d'une belle aventure.
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