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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 20:34
nudistes0

Au pays bigouden vivaient trois jolies filles . Toutes trois étaient amies et partageaient le même intérêt pour la … Chose légère. Nous étions au saint temps de pâques et comme vous le savez , il n’est pas question pour un breton croyant, d’assister à la messe du vendredi Saint en état de péché.

A l’intérieur de l’église le prêtre confessait et, assises devant le porche, nos trois amies n’étaient pas pressée de lui faire face dans le confessionnal, d’autant que le vieux curé ne badinait pas avec la vertu des jeunes filles.

- Jamais le curé ne voudra nous donner l’absolution. Dit la plus jeune. Cependant j’ai une idée. Pour avouer la chose à Dieu sans que le curé ne l’entende utilisons une phrase que le curé ne comprendra pas mais que Dieu entendra, nous aurons ainsi le pardon du créateur et l’absolution du prêtre.

Après une rapide concertation la phrase siffler un air fut choisie et nos trois filles entrèrent dans l’église.

La plus jeune, qui avait de l’assurance, se confessa en premier d’avoir sifflé un air. Si elle avait pu voir le sourire bienveillant de monsieur le curé admirant la pureté d’une jeunesse qui se reprochait si peu de chose, elle eut été complètement rassuré. L’absolution lui fut donnée et même accompagnée de quelques compliments paternels. Quand vint le tour de la deuxième, l’abbé trouva la chose étrange mais bien vite son optimisme et sa confiance reprirent vite le dessus et le pardon octroyé. Pour la troisième… quand elle en vint à confesser la même chose l’abbé se fit soupçonneux.

- Mon enfant, qu’entendez vous par siffler un air ? racontez moi.

La pauvre fille incapable de mentir devant le représentant de Dieu finit par tout avouer en pleurant. Monsieur le curé entra alors dans une sainte colère et lui ordonna de rappeler immédiatement ses deux amies afin de leur retirer le pardon et leur donner une exemplaire pénitence. Quelques minutes plus tard nos trois jeunes filles se retrouvaient en pleurs à réciter des pater au pied de l’autel.

Il y avait dans l’église attendant d’être confessée une vieille bigote de soixante dix ans que les pleurs des jeunes filles avait intrigué. Elle s’approcha de la plus jeune.

- Qu’avez vous donc ma pauvre enfant ?

-Ah ! Madame, monsieur le curé m’a refusé l’absolution pour avoir sifflé un air.

- Mais qu’entendez vous par là.

N’osant avouer son forfait la jeune fille lui déclara

- Madame, c’est s’être oubliée dans l’église.

- Ah ! Mon Dieu ! Fit la vieille épouvantée, est-ce donc un si grand péché que cela ! Et moi qui ne m’en accusait jamais !

Il faut vous avouer que la vieille avait la digestion difficile et que sans respect pour notre seigneur il lui arrivait de mêler aux odeurs de l’encens quelques fumets personnels et sans vouloir être mauvaise langue je peux vous dire que ses collants se gonflaient et se dégonflaient quelquefois comme une bête qui respire. C’est affaire aux vieilles dames de soupirer d’amour de cette façon.

L’instant d’après la bigote se présentait devant le saint tribunal

- qu’avez vous donc à vous faire pardonner ma bonne vieille Soize ? Demanda le curé. Sans doute quelques péchés de gourmandise ?

- Hélas mon père je dois vous confesser un péché que je n’ai jamais osé vous dire

- Lequel ? ¨fit le prêtre interdit

- Pardonnez moi mon père car j’ai beaucoup sifflé.

- Comment, malheureuse ! Vous aussi, à votre âge ! Vous n’avez pas honte.

Il lui fallut toute sa charité pour retenir l’anathème dont il allait foudroyer la pauvre dame interdite.

La cloche avait sonné, les oiseaux chantaient dans les champs, Que Pâque est une belle fête

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commentaires

morsli 05/02/2010 11:06


Voici un conte que l'on prend plaisir à lire et dont l'intérêt augmente au fur et à mesure.N'ayant jamais vécu en Bretagne, je serais incapable de dire si l'influence de l'Eglise a décliné comme un
peu partout ou si c'est moins sensible en pays breton.
Bonne fin de semaine. 


le passager 05/02/2010 22:56



EN BRETAGNE IL Y A TOUJOURS DES CHOUANS ET DES REPUBLICAINS, DES CROYANTS ET DES MECREANTS. Mais les anciennes croyances s'effacent aussi devant le nouveau Dieu, argent



kasimir 31/01/2010 15:36


Un grand, grand, très grand merci, ami.


le passager 31/01/2010 19:01


C'est un plaisir casimir, je me suis également régalé d'exellents contes chez toi 


kasimir 31/01/2010 15:04


Magnifique : j'adore les petits contes qui arrivent, en très peu de lignes, à une telle intensité d'émotion, de vérité, de beauté !
Me permets-tu  de présenter ton conte, et ton blog, sur le mien ?
Si tu ne veux pas, je le retire
Si tu veux bien, je te dis un grand merci !
Bonne santé à  ton père !


le passager 31/01/2010 15:32


Salut pinson
Tu peux user et transmettre le conte, les contes sont fait pour être transmis.
Amitié 


Monica 15 27/01/2010 06:37


super l histoire ,
 ( la crainte du curé  autrefois ...et c 'est vrai , ..nous laisse maintenant songeur ..)

 ( le hogolo je connait  j 'avait fait un article  avec photos sur mon blog  , il y à déjà quelque temps ) le paysage est magnifique par là  ca ne m 'étonne pas  que
les gallos romains , l avait choisi  ( hélas  les algues vertes  ne sont pas  loin ) grrr
 bonne journée .. à toi
 kénavo


le passager 28/01/2010 17:31


tu as raison sur une des plus belle baie de la région. Quelle misère GRRR


PHIL LE CELTE 27/01/2010 02:32



Bonjour ami breton,


 


Je viens de passer un très agréable moment (1 heure au moins) à feuilleter les pages de votre blog. Dieu que j’aime votre monde !
Je suis passé du rire aux larmes, de la mélancolie à la tendresse. Et votre pays, votre beau pays, source de tant d’inspiration, j’en suis tombé amoureux, un mois de Décembre à Brest, où, parti
avec un copain, nous avions décidé d’écumer tout les bars y compris celui de Kersauson. Ca m’a valu une bonne cuite, et un surnom « Pen ru » mais surtout, j’y est rencontré des gens,
qui, pour peu que l’on s’intéresse un peu à ce qu’ils sont, vous ouvrent leur cœur  et vous accueille à bras ouverts. Merci, merci beaucoup et
continuez de nous enchanter avec vos récits. Je cour mettre le lien de votre blog sur le mien et vous promet de revenir bientôt.


Amicalement –PHIL-      


 



le passager 28/01/2010 17:34



La prochaine fois, si tu passe aux environs de Morlaix fait moi signe j'aurai plaisir à te recevoir.


Kenavo 



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  • : Les Bretons brandissaient leurs terrible penn-bazh ! Je ne sais plus de quel ancien livre j'avais tiré cette phrase mais ce fut le début d'une belle aventure.
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