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1 octobre 2009 4 01 /10 /octobre /2009 20:36

Sur la route qui menait à Saint Herbot, la calèche avançait en cahotant. A son bord, maître Lancien menait l'équipage.

Ses deux passagers, Monsieur L’instituteur et le recteur de Brennilis, étaient en grande discussion.

- Alors, l'abbé ! On a mis sa plus belle robe pour répondre à l’invitation de notre ami ?.

- Monsieur l’instituteur ! Je ne vous permets pas de vous moquer.

- Je ne me moque pas l’abbé, mais quand même il faudra un jour que l’on m’explique pourquoi les curés qui ne sont pas des marins portent un bonnet à pompon et aussi pourquoi ils portent des robes alors qu’ils ne sont point femme.

- Holà mes amis, s'écria maître Lancien, il ne faut pas placer un curé et un instituteur côte à côte, c'est bien connu : l'école de Dieu et celle du Diable ne font pas bon ménage.

La calèche s'arrêta enfin, devant un charmant manoir bâti de granit.

- Nous y voilà ! Mais hâtons-nous de rentrer car le vent se lève et la pluie commence à tomber, poussez la porte je rentre mon attelage et je vous rejoins.

Quelques instants plus tard, maître Lancien se présenta à la porte de sa demeure. Sur le seuil ses deux amis l'attendaient sous la pluie qui tombait maintenant à grosses gouttes.

- Entrez, vous dis-je, il ne fallait pas m'attendre

- Nous le voulons bien, répondit l'abbé, mais celle-ci est fermée à clé.

- Mes gens sont sots, quel besoin ont-ils de s'enfermer de la sorte. Ouvrez marauds ! C'est moi votre maître, ouvrez ou je vous botte le train.

On entendit des chuchotements et tout doucement la clé tourna dans la serrure. La porte s'ouvrit lentement sur une femme et un vieil homme qui, armés de balais, semblaient en proie à la terreur.

- C'est ben vous, not maître ?

- Mais bien sûr, bougre d'âne que c'est moi ! que l'on m'explique enfin les raisons de cette folie ?

Vous connaissez le rebouteux de not village, hé bien y a pas plus d'une semaine, une gamine dont il s'occupait est brusquement décédée. Parait qu'c'est d'sa faute et les parents ont porté l'affaire en justice. C'est un sorcier il a le mauvais œil. Toujours est-il que quand la maréchaussée s'est présentée à son domicile, not homme avait pris la poudre d'escampette.

- Hé ! alors, dit maître Lancien, cela ne m'explique toujours pas les raisons de votre accueil.

- Ci fait not bon maître j'y viens, le sorcier ils l'ont rattrapé à la Feuillée, déguisé en moine et au moment d'y mette la main d'ssus celui-ci s'est transformé en chien et s'est sauvé faisant la nique aux gens d'armes. Vous comprenez maintenant pourquoi l'on est si prudent, des fois qu'il reviendrait se venger des gens d'not village.

- Croire encore à la sorcellerie de nos jours ! s'exclama l'abbé
Oh ! il n'y a pourtant pas si longtemps, l'église condamnait des gens pour sorcellerie, répliqua monsieur L’instituteur

- Mes amis, déclara maître Lancien, passons à table, la soirée promet d'être animée car nous avons là un sujet de discussion des plus intéressants.

Dehors la tempête s'était levée, le vent soufflait avec rage pliant les arbres et faisant battre les volets.

Assis devant la cheminée, fumant le cigare et dégustant une vieille eau-de-vie, nos trois amis poursuivaient leur discussion.

- Quoi qu'en dise l'abbé je prétends que la sorcellerie est une réalité et, si l'on ne croit pas au surnaturel, pourquoi prétendre à l'existence du diable, des anges et toutes les autres bondieuseries dont l'église nous abreuve? L'abbé bondit de son siège.

- Bondieuseries ! Entendez-vous, maître Lancien, comment ce petit instituteur parle de notre sainte église !

- Allons ne nous fâchons pas, il est tard et je vous ai fait préparer vos chambres. Vous verrez demain il fera beau et vous aurez oublié vos querelles.

Nos amis gagnèrent leur chambre à la lueur de la bougie et s'installèrent confortablement. De son côté l'abbé n'en finissait pas de maugréer sur la discussion qu'il avait eue avec l'instituteur.

- Sottise, fadaise, pensait-il en enfilant son bonnet de nuit, ces histoires de surnaturel et de sorcellerie sont des contes, justes bons à faire peur aux enfants.

Bien allongé sous son édredon il commençait à s'endormir quand, soudain, il entendit un gémissement. Il s'assit sur son lit et prêta l'oreille. La plainte se fit plus longue et plus intense.

- Mon imagination me joue des tours, se dit-il, ces histoires de sorciers m'ont tourné la tête. Les gémissements reprirent de plus belle.

- C'est le vent ! Oui c'est çà c'est le vent.

Des coups sourds retentirent au dehors. L'abbé se leva en tremblant, alluma la bougie et s'approcha de la fenêtre.

Doucement il ouvrit le battant et ce qu'il vit le plongea dans la terreur. Là ! devant lui, une créature hideuse tout droit vomie de l'enfer l'observait.

Le diable, j'ai vu le diable, hurla l'abbé. D'un geste vif il referma les volets et barricada la fenêtre.

- C'était le diable je l'ai bien reconnu avec sa barbe, ses cornes et son regard de braise.

L'abbé se remit au lit et se terra sous les couvertures. Inutile de vous dire que notre curé connut la nuit la plus longue de son existence et, au petit matin, quand enfin le soleil parut, il descendit avec empressement à la cuisine où ses deux amis l'attendaient pour déjeuner.

- Eh bien ! l'abbé, avez-vous bien dormi ? demanda monsieur L’instituteur, moi j'ai dormi comme un loir malgré la tempête de cette nuit.

L'abbé ne souffla mot, jamais on ne le croirait et ses amis se moqueraient de lui, et pourtant il avait vu le diable.

- Ce matin mon jardinier m'a apporté une triste nouvelle, déclara maître Lancien. Mon plus beau bouc, probablement effrayé par la tempête, s'est enfui de son enclos. On l'a retrouvé mort, les cornes prises dans le buisson qui se trouve juste sous la fenêtre de la chambre où l'abbé a dormi. Vous n'avez rien entendu ?

Personne alors ne comprit pourquoi le décès d'un pauvre animal semblait apporter tant de plaisir à notre abbé.

 

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1 octobre 2009 4 01 /10 /octobre /2009 08:09

Je ne sais pas ce qui c’est passé cette année là chez nous, mais c’était un sacré bordel. Tout le petit peuple des monts d’Arrée était mécontent. Comme nous sommes un peuple démocratique on s’est tous rassemblé pour en débattre sur notre plus haute montagne, le mont saint Michel de Braspart, trois mille neuf cent dix décimètres d’altitude.

Ah, y avait du monde, rien que du beau linge et tout d’abord Jacou l’Ankou. Faut vous dire que jusqu’à présent c’était lui qui régnait sur la montagne, mais il commence à se faire vieux, et radote un peu, paraîtrait même qu’il aurai eu des pépins avec la justice pour avoir trempé dans une sombre histoire de pommes . Faut dire aussi que derrière y a les jeunes qui poussent, tenez par exemple la royale fée Golène et bien depuis que ça ne va plus dans son couple elle s’est mise en tête de remplacer l’Ankou, ah ! mais ça n’a pas plu au grand prêtre, l’abbé roux qui lui aussi visait la place. Et c’était surtout sans compter sur Bling Bling, le Korrigan. Celui là il les a tous mis d’accord, il est monté sur un rocher et s’adressant à la foule comme Jésus à ses disciples, il a dit m’sieu dames vous savez ce qu’il veulent les gens ? Et bien moi je vais vous le dire. Tout d’abord, premièrement, en un, c’est de la sé-cu-ri-té parce-que vous trouvez ça normal, vous ! qu’un pauvre paysan, qui a trimé toute la journée et qui s’octroie un petit réconfort d’une bonne bouteille de guével, se voit insulté de pauvre poivrot par un petit jeune de la banlieue de poulaouen,. Vous trouvez ça normal ? OUI et bien pas moi et croyez moi m’sieux dames, jvais faire passer les lavandières de la nuit et nettoyer toute cette rocaille au Karcher. Deuxièment, afin de mettre fin à votre vie de chien, j’augmenterai le pouvoir d’un chat comme ça vous vous sentirez mieux par minou et je vais vous dire mieux, je veux que le soleil brille pour tout le monde et pour cela on ira là bas, où ça ? là bas, dans les monts d’Arrée, car là bruni ma peau sous le soleil brumeux des nuits étoilées quand doucement s’endort mon corps fatigué. Oh ! Pardonnez, ces quelques vers, je m’égare car voyez vous dans le fond, je ne suis qu’un homme, comme vous, oui ! comme vous aussi madame.
Alors là, on peut dire qu’il avait touché notre corde sensible, vous savez comment on est par ici , sous nos allures frusques nous sommes des grands sans petits manteaux, et ben on s’est dit qu’un être qui parlait aussi bien ne pouvait pas être foncièrement mauvais, alors on l’a élu nouveau maître des monts d’Arrée.

On a pas été déçu ! très vite, sa véritable nature n’a pas tardé a se révéler. A peine élu vlà ti pas qu’il monte dans la cariole du père bolorec et part faire bombance au chouquet’s, une créperie tenue par des parisien. Après ça il file à morlaix s’acheter une superbe montre en or, et pas n’importe laquelle une grande marque, une roellec et puis y revient et il nous dit comme ça.

-Ah, je suis pas content j’ai puisé dans les caisses, elle sont vides, va falloir me les remplir. A partir d’aujourd’hui, vous allez travailler plus pour que je puisse dépenser plus

Et hop ! il repart à Brest se faire faire un beau costume. Quelques temps plus tard il nous rassemble à nouveau.

-Je ne suis vraiment pas satisfait ! Malgré tous mes efforts les caisses sont toujours vide faut faire des économies. Pour commencer on va délocaliser nos productions à l’étranger . Désormais notre cidre nos balais de genêt et notre fromage de chêvre seront fabriqué dans les pays du sud, dans le Morbihan chez un copain à moi, après ça je vais m’attaquer à deux problèmes essentiels, la surpopulation dans les monts d’Arrée et le problème des retraites et bien c’est pas difficile y a qu’à supprimer les vieux comme ça on règle les deux problèmes d’un coup.
Ah mon Dieu ! En l’écoutant parler ma tête c’est mise à tourner ,je me voyais déjà au chômage, dans la misère, traqué de toute part… NON ! Je ne pouvais pas en supporter d’avantage, alors j’ai pris ma grande tapette à mouche, je me suis approché de lui … ET… c’est à ce moment là que je me suis réveillé c’était un cauchemar.

Ah ! Ben oui , des choses comme ça dans la vrai vie ça ne pourrait pas arriver , non ?

 

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30 septembre 2009 3 30 /09 /septembre /2009 19:15



Tu étais là, l’homme, avide de richesse et pouvoir

En costume trois pièces t'as voulu y croire


Dans ton suprême désir à diriger le monde

Tu t’étais transformé en la pire bête immonde


Maitriser la nature, asservir tes semblables

Tout te semblait acquis et réalisable


La nature a bien ri et un jour les cochons

Fêterons tous ensemble ta disparition.


Tous ensemble, tous ensemble, tous ….

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30 septembre 2009 3 30 /09 /septembre /2009 16:01
Taillader le décor et percevoir la lumière qui filtre au dehors


Gaël Morin
ille et vilaine
Sculpteur, Poète, ciseleur de mots
http://sculpturesethumeurs.over-blog.com/




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29 septembre 2009 2 29 /09 /septembre /2009 17:15

En vue d'une future exposition sur le thème du Penn bazh, je présenterai tour à tour certaines réalisations, ainsi que les artistes à l'origine de l'oeuvre. Je rappelle  que la participation est ouverte à tous. Qu'il est demandé en s'inspirant des gravures qui figurent sur ce blog de réaliser votre propre Penn bazh de préférence en bois gravé, sculpté, peint, orné par adjonction d'autres matières ou pourquoi pas en carton , métal, verre. Les seules contraintes exigées sont dans la forme générale de ce bâton.
Dans l'esprit de modéliser la présentation le premier penn bazh sera le mien.  

Auwercx dominique
Finistère
sculpteur conteur amateur et poète à ses heures


Mon penn bazh. Proche tant par la forme que par la taille du penn bazh d'origine? il a été baptisé par les vents d'Arrée en haut du mont St Mikel, par la terre en forêt d'Huelgoat, par l'eau à la pointe du Diben et enfin passé à la flamme lors de Beltaine.
Même si je possède plusieurs bâtons sculptés, il est celui qui m'accompagne dans toutes mes sorties, enfin presque puisque je lui évite les grands magasins et mon lieu de travail. Fidèle compagnon, il est un prolongement de moi même au même titre que mon chapeau et mon couteau, autres accessoires dont jamais nos anciens ne pouvaient se départir, en raison d'une part de leur utilité mais aussi de la symbolique associée à ces objets.

Penn bazh en houx avec légère ornementation lierre et coquillages

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27 septembre 2009 7 27 /09 /septembre /2009 19:56


Un week end passé avec les membres d'AREMORICA  l'association de reconstitution de la vie gauloise dont je fais partie. Rien que du bonheur .    

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25 septembre 2009 5 25 /09 /septembre /2009 20:54

Il y a bien longtemps, l’ajonc qui peuple nos landes ne portait point d’épines. C’était un arbuste aux fleurs délicates et odorantes. A chaque fois qu’il voyait Catou, Yann en coupait quelques branches qu’il tressait soigneusement, pour lui en faire une couronne et orner sa chevelure.

Yann aimait Catou et Catou aimait Yann. Malheureusement Yann était pauvre et le père de la jeune fille ne voulait pas de cette union. Un jour, qu’il s’étaient donnés rendez vous sous le grand chêne, Yann vit Catou arriver en pleurs.

- Que se passe t’il ma bonne amie, pourquoi tant de larmes ?

- Mon père veut me marier à un gros marchand de bêtes de Carhaix, il prétend que tu n’es qu’un va-nu-pieds et que tu ne saurais faire mon bonheur, Yann , il faut nous enfuir, je ne veux pas épouser ce maquignon. 

Yann s’assit sur le talus et prit sa tête entre ses mains.

-Partir, mais pour où et de quoi vivrons nous ?  Non, il faut trouver un autre moyen. Reviens demain ici même, la nuit porte conseil.

Le lendemain Yann se rendit sous le chêne, Catou n’était pas là. En l’attendant, il se mit à lui tresser une couronne de fleurs d’ajoncs. Il attendit longtemps jusqu’à la tombée de la nuit mais Catou ne vint pas. Alors Yann se dirigea vers le village et s’arrêta à la maison de sa bien- aimée.

- Ouvrez- moi ! c’est Yann je veux voir Catou.

La porte s’ouvrit brusquement laissant apparaitre le père de la jeune fille.

- Tu ne verras rien du tout, je l’ai promise, d’ailleurs sa robe est faite et dès la fin du mois elle sera mariée. Quant à toi ! disparais  avant que je ne te caresse le dos avec mon penn bazh !

Yan baissa la tête, Catou !  En épouser un autre !  Lentement, comme un homme ivre, il disparut dans la nuit.

C’est au petit matin qu’un paysan découvrit son corps pendu à une branche du grand chêne. Quand elle apprit la nouvelle Catou s’enferma dans une profonde torpeur, elle ne mangeait plus, ne disait mot et dépérissait à vue d’œil. Tous les jours elle se rendait sous le vieux chêne et restait là des heures à attendre Yann. Un beau matin elle disparut, on la trouva étendue sous le grand arbre, parée de sa robe de mariée. Elle avait sur son cœur une couronne d’ajonc et sur ses lèvres un dernier sourire celui des amants que la mort réunit.

Et c’est depuis ce jour, qu’épines sur ajoncs poussent en souvenir de leur amour.  

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25 septembre 2009 5 25 /09 /septembre /2009 08:38

 



Ne pas être triste des choses que l'on a perdues
simplement heureux de les avoir connues.

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23 septembre 2009 3 23 /09 /septembre /2009 17:49


Pour l'instant un petit groupe de personnes s'intéressent au projet trois artistes ont déjà réalisés leur penn bazh un quatrième part à la recherche de son bois. D'autres contact sont déjà pris avec des défenseurs de la tradition bretonne. Pour plus d'infos sur le projet reportez vous à la dernière page de ce blog et surtout contactez moi si vous êtes intéressé par l'aventure. 

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22 septembre 2009 2 22 /09 /septembre /2009 17:45


 




Je vis dans un pays de forêts, de rivières chantantes
Je vis dans un pays de rochers et de landes
je vis dans un pays où la mer est changeante
Je vis entre le roc la terre et l'eau à Plouigneau


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  • : Penn Bazh bâton Breton
  • Penn Bazh bâton Breton
  • : Les Bretons brandissaient leurs terrible penn-bazh ! Je ne sais plus de quel ancien livre j'avais tiré cette phrase mais ce fut le début d'une belle aventure.
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