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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 20:34
nudistes0

Au pays bigouden vivaient trois jolies filles . Toutes trois étaient amies et partageaient le même intérêt pour la … Chose légère. Nous étions au saint temps de pâques et comme vous le savez , il n’est pas question pour un breton croyant, d’assister à la messe du vendredi Saint en état de péché.

A l’intérieur de l’église le prêtre confessait et, assises devant le porche, nos trois amies n’étaient pas pressée de lui faire face dans le confessionnal, d’autant que le vieux curé ne badinait pas avec la vertu des jeunes filles.

- Jamais le curé ne voudra nous donner l’absolution. Dit la plus jeune. Cependant j’ai une idée. Pour avouer la chose à Dieu sans que le curé ne l’entende utilisons une phrase que le curé ne comprendra pas mais que Dieu entendra, nous aurons ainsi le pardon du créateur et l’absolution du prêtre.

Après une rapide concertation la phrase siffler un air fut choisie et nos trois filles entrèrent dans l’église.

La plus jeune, qui avait de l’assurance, se confessa en premier d’avoir sifflé un air. Si elle avait pu voir le sourire bienveillant de monsieur le curé admirant la pureté d’une jeunesse qui se reprochait si peu de chose, elle eut été complètement rassuré. L’absolution lui fut donnée et même accompagnée de quelques compliments paternels. Quand vint le tour de la deuxième, l’abbé trouva la chose étrange mais bien vite son optimisme et sa confiance reprirent vite le dessus et le pardon octroyé. Pour la troisième… quand elle en vint à confesser la même chose l’abbé se fit soupçonneux.

- Mon enfant, qu’entendez vous par siffler un air ? racontez moi.

La pauvre fille incapable de mentir devant le représentant de Dieu finit par tout avouer en pleurant. Monsieur le curé entra alors dans une sainte colère et lui ordonna de rappeler immédiatement ses deux amies afin de leur retirer le pardon et leur donner une exemplaire pénitence. Quelques minutes plus tard nos trois jeunes filles se retrouvaient en pleurs à réciter des pater au pied de l’autel.

Il y avait dans l’église attendant d’être confessée une vieille bigote de soixante dix ans que les pleurs des jeunes filles avait intrigué. Elle s’approcha de la plus jeune.

- Qu’avez vous donc ma pauvre enfant ?

-Ah ! Madame, monsieur le curé m’a refusé l’absolution pour avoir sifflé un air.

- Mais qu’entendez vous par là.

N’osant avouer son forfait la jeune fille lui déclara

- Madame, c’est s’être oubliée dans l’église.

- Ah ! Mon Dieu ! Fit la vieille épouvantée, est-ce donc un si grand péché que cela ! Et moi qui ne m’en accusait jamais !

Il faut vous avouer que la vieille avait la digestion difficile et que sans respect pour notre seigneur il lui arrivait de mêler aux odeurs de l’encens quelques fumets personnels et sans vouloir être mauvaise langue je peux vous dire que ses collants se gonflaient et se dégonflaient quelquefois comme une bête qui respire. C’est affaire aux vieilles dames de soupirer d’amour de cette façon.

L’instant d’après la bigote se présentait devant le saint tribunal

- qu’avez vous donc à vous faire pardonner ma bonne vieille Soize ? Demanda le curé. Sans doute quelques péchés de gourmandise ?

- Hélas mon père je dois vous confesser un péché que je n’ai jamais osé vous dire

- Lequel ? ¨fit le prêtre interdit

- Pardonnez moi mon père car j’ai beaucoup sifflé.

- Comment, malheureuse ! Vous aussi, à votre âge ! Vous n’avez pas honte.

Il lui fallut toute sa charité pour retenir l’anathème dont il allait foudroyer la pauvre dame interdite.

La cloche avait sonné, les oiseaux chantaient dans les champs, Que Pâque est une belle fête

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28 décembre 2009 1 28 /12 /décembre /2009 20:35
01610.jpg

Il me faut avant de commencer mon récit, vous parler de l’Ankou. Personnage central du légendaire breton, l’Ankou est le valet de la mort.

 Devient Ankou et pour une année durant, le dernier mort de l’année ! D’une maigreur effrayante,  il a pour mission d’aller chercher l’âme du Trépassé qu’il charge sur une vielle carriole aux essieux grinçants.

 

- Soyez présent à Lorient pour neuf heures précises, l’intervenant n’attendra pas les retardataires. Donc si vous voulez terminer de bonne heure pour le réveillon... 

Nous étions à la veille du nouvel an et c’est en ces termes que l’on m’avait envoyé à Lorient  pour une réunion de travail. J’avais bien saisi le côté impératif  horaire de la réunion  aussi, avais - je soigneusement étudié mon itinéraire et décidé de partir de bonne heure. 

Plouigneau Lorient 112 km soit 1h45 de route. D’après Mappy, Dieu bienveillant de l’internet, il me suffisait de prendre la direction de Guerlesquin,  frôler Poullaouen et arriver à Carhaix pour rejoindre directement la D769 qui m’amenait à coup sûr à Lorient pour neuf heures précises. Je ne sais pas si Mappy a déjà emprunté les petites routes de centre Bretagne, toujours est-il que par prudence et soucieux d’arriver à l’heure, j’étais parti de mon domicile vers les six heures trente du matin.

 

Une légère brume flottait sur la campagne qui attendait les premières lueurs de l’aube. J’étais seul sur la route,  à en croire que personne ne s’aventurait jamais dans ces coins reculés de l’arrière pays breton. Cela faisait déjà un bon moment que je roulais et je m’étonnais de ne pas avoir encore rencontré de panneaux m’indiquant Guerlesquin. Dans le clair-obscur de ce matin brumeux j’avais dû m’égarer vers je ne sais quelle destination ; j’en eus bientôt la confirmation en traversant le village de Bolazec situé plus au nord de la route que je m’étais fixé. Ce n’était pas grave,  la direction était bonne et  il me suffisait de prendre le premier chemin sur la droite pour retomber sur ma route. Au premier carrefour j’obliquais et roulais un bon moment avant d’arriver...   à l’entrée du village de...Bolazec ! J’étais revenu sur mes pas et il était maintenant pas loin de sept heures trente ;  inutile de dire que l’idée d’arriver à l’heure  pour ma réunion semblait maintenant compromise.

Après avoir consulté  ma carte routière, je redémarrai à petite allure,  la brume se faisait plus épaisse et pas question pour moi de me perdre à nouveau.  J’avais bien fait de réduire ma vitesse car au sortir d’un virage je tombais sur une vache traversant la route, je m’arrêtais. Bientôt sortant du brouillard une deuxième apparut puis une troisième, une quatrième, enfin tout un troupeau. Je pestai contre ce paysan inconscient qui laissait ainsi errer ses bêtes. Au fur et à mesure qu’elles passaient devant moi pour se rendre sur un pré voisin,  je m’attardais à détailler leurs formes. Celles-ci avaient quelque chose d’inhabituel. Elles ressemblaient à des Holstein  ou des Pies Noires bretonnes, leurs flancs étaient creux et leurs épaules tout comme leurs hanches étaient proéminentes comme des pics, on aurait dit des vaches dégénérées ou mal entretenues. Je ressentais comme  un  malaise  devant ce troupeau fantomatique, trouble qui se fit plus important quand arriva une vache différente des autres. Plus grande, plus maigre encore, celle-ci était rousse  et avait le dos déformé, arrondi, sa silhouette me faisait penser à ces antiques dinosaures. Derrière elle apparut enfin le paysan fermant la marche. Il était monté sur son tracteur, un vieux Soméca tout rouillé dont subsistaient quelques lambeaux de couleur orange.  Clope au bec, il avait la casquette enfoncée jusqu’aux oreilles et paraissait aussi maigre que ses vaches. Arrivé à ma hauteur il me lança un regard, un regard vide, sans expression, qui me fit frissonner, puis il disparut à son tour dans la brume, me laissant seul sur la route, comme si tout cela n’avait pas existé. Je repris mon chemin. Peu à peu la brume se leva et céda la place au soleil. J’atteignis enfin mon but avec plus d’une heure de retard.

Tout le temps que dura  la réunion je ne pouvais dissiper le malaise provoqué par ma rencontre, aussi le soir venu, je me rendis chez un ami qui travaille dans le secteur de la nutrition animale. Je lui faisais part de mon aventure, décrivais le troupeau et l’interrogeais sur l’aspect particulier des animaux.

- C’est assez courant me répondit-il. En raison de leur mode d’alimentation les animaux partent parfois en diarrhée, tu remarqueras d’ailleurs que les bouses sont de plus en plus rares dans nos campagnes. Les vaches que tu as rencontrées ont certainement été victimes d’une alimentation mal adaptée ce qui a entrainé un amaigrissement. Un mauvais traitement n’est certainement pas la cause de cette maigreur.

Son explication me convenait, par contre je le vis blêmir à l’évocation de la vache rousse et difforme :

- Une vache rousse ?  Le paysan, tu m’as bien dit qu’il conduisait un vieux Soméca ? Oui ! Alors il faut que je te dise quelque chose. Il y a un an jour pour jour, il y a eu un accident du côté du Guily. Fanch Kermer  un fermier de Scrignac, il menait une vache, la rousette, à l’abattoir de Carhaix quand son tracteur a versé dans un virage. Une mort horrible, il parait qu’on a retrouvé son corps sous celui de la vache qu’il transportait. Fanch fut le dernier mort de l’année  et ce que tu as vu, c’est le troupeau de l’Ankou .

 

 

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2 décembre 2009 3 02 /12 /décembre /2009 19:18

Sortant de la messe de minuit, le vieux pêcheur avait ouvert le col de son caban , laissant apparaitre sa longue barbe blanche pareille au tapis de neige qui couvrait la ville. Il alluma sa pipe, et s'assit sur un banc. Sur le porche de l'église les paroissiens, après s'être salués d'un joyeux Noël se dirigeaient d'un pas rapide vers leurs demeures où les attendait le réveillon. Le vieil homme ferma les yeux. Il revoyait ces Noëls d'antan passés avec sa femme et son fils, la cheminée décorée pour l'occasion, la crèche, le sapin, la dinde fumante, les paquets ouverts et la joie de son enfant. Une larme glissa sur sa joue. Il était loin ce temps là. Son fils était mort à l'âge de vingt ans sur une terre étrangère," Mort pour la France" qu'ils avaient dit, La mère l'avait suivi quelques années plus tard minée par le chagrin. Depuis ce temps notre homme était seul et s'il assistait encore aux messes de minuit ce n'était pas pour fêter la naissance d'un enfant mais pour demander à Dieu pourquoi on lui avait pris le sien.
Perdu dans ses pensées il vit s'approcher une petite fille, elle se planta devant lui et le regarda avec insistance.

- Qu'est ce que tu veux ? Tu ne dois pas avoir chaud avec ton petit blouson..

La gamine restait muette et continuait à l'observer de ses grands yeux ronds. Puis enfin elle se décida à parler.

C'est toi le père Noël ?

Le vieillard esquissa un sourire

- Où est ta maman, tu t'est perdue ?

- Là bas! La fillette désignait du doigt une jeune femme modestement vêtue qui faisait la manche à la sortie de l'église.

C'est toi le père Noël ? Redemanda la fillette.

La mine du marin s'assombrit

- Et ton papa ?

- J'en ai pas

- Et ta maison ?

- J'en ai pas

C'est ainsi que notre homme apprit que la petite vivait avec sa mère dans un foyer pour réfugiés. Elle venait d'une terre étrangère, une terre semblable à celle qui avait vu mourir son fils.
Lentement il se leva, prit l'enfant dans ses bras et se dirigea vers la mère de celle-ci.

- Madame, accepteriez vous avec votre fille, de passer ce soir de Noël en compagnie d'un vieil homme ?

La femme le regarda intensément sans rien dire puis dans un sourire accepta l'invitation.
Ce soir là on réveillonna fort tard à la maison du marin et il paraît que depuis ce temps une petite fille et sa maman coulent des jours heureux à la maison du père Noël.

 

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17 novembre 2009 2 17 /11 /novembre /2009 18:22

Wyon était orphelin. Abandonné quand il avait cinq ans, il avait été recueilli par une magicienne qui l’avait élevé. Oh ! Ce n’était pas par bonté d’âme, mais il lui fallait un serviteur et un enfant faisait aussi bien l’affaire. Un jour alors qu’elle devait s’absenter, elle mena le jeune garçon dans une grotte obscure.

- Je pars collecter quelques herbes pour mes philtres magiques. Prends ce chaudron, il contient la potion d’où je tire mes pouvoirs. Allume un feu, pose le récipient dessus et surveille la cuisson, celle-ci doit être lente et progressive mais prends garde ! S’il en était autrement je te le ferai payer chèrement.

Ayant dit ces mots, la magicienne sortit de la grotte laissant seul le pauvre Wyon qui se mit à l’ouvrage. Après avoir entassé quelques fagots, il alluma le feu et mit à chauffer le breuvage. De temps en temps, quand la flamme baissait, notre ami remettait quelques branchages dans le feu. Assis devant le chaudron, wyon ne quittait pas des yeux la potion verdâtre qui doucement clapotait, clapotait, clapo… Bercé par le doux clapotis, le garçon s’était endormi.

Privé de surveillance le feu s’était emballé, la potion se mit à bouillir et à déborder du chaudron. Quelques gouttes de la potion tombèrent sur les lèvres de Wyon qui, réveillé en sursaut renversa dans un geste maladroit le chaudron et son contenu. Quel malheur ! La magicienne ne lui pardonnerait jamais cette maladresse. Il fallait partir, fuir, s’éloigner au plus vite. Il n’en n’eut pas le temps car celle–ci venait de faire son entrée. A la vue du chaudron renversé elle entra dans une terrible fureur et se transforma en un énorme chien aux crocs acérés. Pris au piège le jeune garçon se sentait perdu.

- Ah ! Si seulement j’étais une souris, je pourrai m’enfuir.

Il avait à peine prononcé cette phrase, qu’il se métamorphosa en souris, oui oui une toute petite souris. Les quelques gouttes de potion reçues sur ses lèvres lui avait donné ce pouvoir.

- C’est donc ainsi ! S’exclama la magicienne et prenant l’apparence d’un chat elle s’élança à la poursuite de Wyon. Arrivé sur le bord d’une rivière et se sentant rejoint, le garçon se jeta à l’eau en se transformant en gardon, le chat se fit brochet et n’eut aucune peine à rattraper le petit poisson qui sortit de l’onde sous la forme d’une hirondelle et s’élança vers le ciel. Peine perdue car le brochet devint un aigle. Wyon sentant sa fin si proche pris la forme d’un grain de blé et se laissa choir dans la cour d’une ferme. La magicienne qui l’avait vu tomber, prit enfin la forme d’une poule et d’un coup de bec engloutit notre ami. Elle n’eut pas le temps de chanter victoire car un coup de hache l’abattit sur le champ.

- Je ne sais pas d’où vient cette poule, dit le fermier mais comme elle est sur ma terre il est juste qu’elle participe à mon dîner. Il porta la poule à son épouse qui se mit en charge de la dépouiller. Quelle ne fut pas la surprise du couple de fermiers quand, en ouvrant la poule, il trouvèrent dans le ventre de celle-ci un œuf et dans cet œuf un jeune garçon qui leur souriait.

- Regarde dit la femme, nous qui n’avons pas d’enfants les dieux nous offrent un garçon. Ainsi adopté Wyon vécut longtemps et heureux dans cette famille. Quant à la magicienne, il n’en reste que le souvenir d’un bon repas et cette plume sur mon chapeau de conteur.


Inspiré du légendaire celtique

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7 novembre 2009 6 07 /11 /novembre /2009 14:01

Il faut absolument que je vous raconte une histoire qui m’est arrivée il y a fort longtemps. Oh ! ce n’est pas un conte, peut-être même  allez vous me prendre pour un fou et pourtant, ce n’est que pure vérité.

J’étais à cette époque un jeune commercial et ce matin là, je ne sais pour quelle raison, j’empruntais une autre route que celle qui me menait habituellement sur mon lieu de travail. Nous étions en automne et une légère brume couvrait les bocages de la campagne Avesnoise. J’étais à mi chemin quand la brume se fit plus épaisse, devant moi, la route disparaissait peu à peu sous un lourd manteau de brouillard. C’était comme si le monde avait disparu je n’y voyais plus rien. Au bout d’un moment je dus me résoudre à stopper mon véhicule de peur de  verser au fossé. Que faire ? C’est sûr j’allais être en retard, jamais je n’aurais dû prendre cette petite route de campagne. Après m’être garé sur ce qui me semblait être le bas côté de la route, je descendis de mon véhicule et m’avançai doucement cherchant à me situer. Face à moi des arbres à l’allure  fantomatique  dressaient leurs silhouettes inquiétantes,  une ronce traitreusement placée en travers de mon chemin me fit trébucher, je me relevais en jurant,  les mains et les genoux couverts de boue. Mais où était donc passée ma voiture ?  J’avais dû m’enfoncer dans un sous bois sans m’en apercevoir. Je fis demi-tour et me mis à courir écartant les branchages qui, tels des mains avides, s’agrippaient à moi. J’étais perdu ! la sueur perlait sur mon front et une peur irraisonnée m’envahissait peu à peu. Je m’arrêtais tout à coup car là, devant moi assis au pied d’un chêne, se tenait un grand chien au pelage argenté. Il ne semblait pas animé de mauvaises intentions et sa présence me rassura. Son maitre n’est peut être pas loin, pensai-je, aussi quand le chien se leva et partit en trottinant, je me mis à le suivre. Je ne m’étais pas trompé car quelques mètres plus loin j’aperçus une faible lumière, le chien m’avait mené à son domicile ! Pauvre domicile que celui-ci, bâti de terre, de paille et de branches, la masure ressemblait à ces cabanes que construisaient il y a plus de cent ans, sabotiers, bûcherons et charbonniers. Le chien pénétra par la porte entrouverte et je m’apprêtais à en faire autant quand ...

- Maudite femme, tu vas me le payer !

Je m’arrêtais sur place interloqué et risquais un œil par l’entrebaillement de la porte.

- Tu t’es trop moquée de moi, il faut en finir !

 L’homme qui venait de parler me tournais le dos, sa silhouette trapue et massive se penchait sur le corps frêle d’une femme qu’il avait saisie à la gorge. Ses doigts noueux enserraient la malheureuse qui suffoquait. Il me fallait intervenir, mais je n’en eu pas le temps car le chien venait de bondir, sa puissante  mâchoire se referma avec un claquement sec sur le cou de l’homme faisant jaillir un flot de sang rouge et épais.

Devant cette scène horrible, pris de panique je m’enfuis dans la brume qui doucement se levait. Quelques minutes plus tard j’étais sur la route et ne tardais pas à retrouver ma voiture. Je repris la route en tremblant et m’arrêtais à la première ferme que je rencontrais, là jJe priais le propriétaire de prévenir la gendarmerie tout en lui contant mon histoire. Celui-ci me regarda d’un air goguenard et se mit à rire.

- Mon bon monsieur, me dit il, je vois bien de quel endroit vous parlez, mais à ma connaissance, il n’y a dans ce bosquet, ni masure, ni âme qui vive,. Croyez moi en vous arrêtant vous avez dû vous endormir et  vous avez rêvé toute cette histoire.

Devant l’assurance de mon fermier, je  me rendis à l’évidence, j’avais dû m’assoupir et tout cela n’avait jamais existé que dans mon imagination. . Le brouillard joue parfois de curieux tours et pourtant...

Le soir en rentrant de mon travail par le même chemin je m’arrêtais à l’entrée du bosquet. Une pancarte indiquait le nom du lieu dit le Quesne au leu  ce qui veut dire le chêne au loup. Etait-ce un rêve ou avais-je été le témoin d’un drame surgit du passé ? Cette question me hantera encore longtemps. 

 

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5 novembre 2009 4 05 /11 /novembre /2009 18:00

Jamais Avesnois n’avait connu pareille sécheresse. Sources et rivières s’étaient taries et l’on entendait dans la campagne le beuglement du bétail que la soif tenaillait.

Debout devant sa terre, un homme regardait avec angoisse les jeunes pousses de blé rabougries. Il fixa le ciel espérant y voir quelques nuages annonciateurs d’une pluie salvatrice mais celui-ci d’un bleu immaculé ne lui laissait que peu d’espoir, la récolte était compromise. Quand il rentra chez lui, sa femme l’accueillit avec un pâle sourire.

- Nous n’avons plus rien à manger, j’ai donné au petit le dernier quignon de pain qui nous restait.

L’ homme s’assit et se prit la tête entre les mains.

- S’il ne pleut pas bientôt, la récolte sera perdue, il nous faudra quitter notre terre et trouver un travail pour survivre.

- Ne t’inquiète pas, répondit sa femme, je suis certaine que Dieu ne nous laissera pas tomber.

- Tu as raison, se lamenter ne sert à rien, je vais monter au bois qui surplombe notre terre, j’y ai vu tout à l’heure les traces d’un cerf et avec un peu de chance ce n’est pas aujourd’hui que nous mourrons de faim.

L’homme s’arma de son arc et pris la direction du bois. Arrivé sur les lieux, il s’enfonça dans les taillis à la recherche de l’animal. Notre paysan n’avait pas fait cent pieds, qu’un bruit attira son attention. Doucement, il se coula entre les arbres, approchant avec prudence. Le cerf était là, bien campé sur ses pattes les naseaux ouverts, humant l’air, prêt à fuir un danger qu’il sentait proche. D’une main ferme l’homme banda son arc et ajusta l’animal. Il allait décocher sa flèche quand surgirent d’un fourré, une biche et son faon. A cet instant ! devant la mère et son petit, il ne put s’empêcher de penser à sa femme et à son fils. Quel homme était-il donc de vouloir d’un trait, briser une si belle famille. Lentement, il baissa son arme se refusant à commettre l’irréparable. Son regard croisa celui du cerf, la bête l’avait aperçu et pourtant ne montra aucun signe de frayeur. Soudain ! elle Baissa la tête et par trois fois  heurta le sol de son sabot avant de disparaître comme par enchantement suivi de la biche et de son faon.

A l’endroit où le cerf avait frappé le sol jaillit une fontaine, son eau pure forma un ruisseau qui, dévalant la pente se répandit sur la terre asséchée redonnant vigueur au blé que l’homme avait planté. De ce jour, le paysan et sa famille ne connurent plus la misère et remerciant Dieu l’homme nomma ce lieu Cerfontaine.

 

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3 novembre 2009 2 03 /11 /novembre /2009 18:23

Vous qui ne croyez en rien, écoutez l’histoire que je vais vous conter.

j’accompagnais ce jour là un groupe d’enfants, pour l’une des nombreuses randonnées contée proposée dans l’espace naturel des monts d’Arrée. Cela faisait un moment que nous marchions et je constatai qu’une nouvelle personne s’était jointe à nous. L’homme était âgé, de longs cheveux blancs encadraient un visage mince encadré d’une barbe folle. Il marchait à petits pas, silencieux, je sentais son regard perçant posé sur moi et je ne pouvais m’empêcher de ressentir comme un malaise. D’où venait-il ? A quel moment et pourquoi s’était –il joint à nous. J’avais envie de lui poser la question, mais une force étrange m’en empêchait.

Nous étions au beau milieu de la lande et j’abordais mon sujet préféré : les korrigans. Ayant assemblé les enfants autour de moi je me mis à leur parler du petit peuple et des histoires fantastiques qui courent sur ces personnages du légendaire breton, j’en profitais pour les mettre en garde de ne jamais errer le soir, seul en ces lieux de peur de les rencontrer. C’est alors que le vieillard s’avança, des larmes coulaient sur ces joues.

- Entendez vous ce que le monsieur vous dit ! Cria t-il d’une voix forte. Enfants ne parcourez jamais seul la lande.

Puis le vieillard s’adressa à moi.

- Regardez moi, regardez moi bien, mon visage ne vous dit rien ?

- Non lui dis-je.

- Il y a un an, jour pour jour, j’étais l’un de ces enfants qui vous accompagnait pour cette randonnée contée. Tout comme aujourd’hui vous nous aviez mis en garde, mais pour mon plus grand malheur je ne vous ai pas écouté. Le soir venu je suis retourné sur la lande et caché dans les genêts j’ai attendu pour voir les korrigans. A peine le soleil fut-il couché, que la terre s’ouvrit en deux, laissant apparaître une vaste caverne. J’entendis des cris, des chuchotements et tout à coup les korrigans m’apparurent. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire il découvrirent ma cachette et m’ayant capturé il m’entraînèrent dans une ronde infernale qui dura toute la nuit. Au petit matin dès les premiers rayons du soleil il me forcèrent à les suivre dans leur grotte, là je restai enfermé jusqu’au soir venu quand à nouveau il m’entraînèrent dans leur sarabande et ceci toutes les nuits depuis un an.

Tout à l’heure, quand vous êtes passés, j’ai été réveillé par la voix des enfants, je me suis alors aperçu que le rocher qui ferme la caverne des korrigans était restée légèrement entrouverte et j’ai pu m’échapper par cet étroit passage. Quel bonheur d’être enfin libre ! Mais je suis quand même bien puni car un mois passé avec les korrigans vaut cinq de nos années et moi qui n’ai que douze ans me voilà un vieillard maintenant. Je vais essayer de retrouver mes parents mais j’ai peur qu’ils ne me reconnaissent pas. Quand à vous les enfants n’oubliez pas, jamais Seuls ! le soir sur la lande.

Le vieillard partit et il me sembla que plus il s’éloignait de la lande, moins son dos se faisait courbé, ses cheveux moins blanc, bientôt l’on ne vit plus que la frêle silhouette d’un garçon de douze ans.

 

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28 octobre 2009 3 28 /10 /octobre /2009 18:19

Youen était un brave homme, il vivait non loin des marais d’où il extrayait la tourbe qu’il vendait pour subsister. Un soir, alors qu’il regagnait sa chaumière après une dure journée de labeur, il vit une carriole sur le bord du fossé. Un homme coiffé d’un large feutre à la mode ancienne, essayait de remettre en place une roue qui s’était détachée.

- Holà ! L’ami, dit Youen, je vous vois fort en peine, tenez bon je vais vous aider.

S’arque boutant de toutes ses forces à la carriole, il la souleva pendant que l’autre remettait la roue en place. L’homme sans dire un mot, repris sa place sur l’attelage.

- Permettez que je monte à vos côtés, j’habite à une lieue d’ici à peine, J’ai charrié la tourbe toute la journée et je dois vous avouer que de me faire porter jusque chez moi me fera le plus grand bien.

L’inconnu hocha la tête en signe d’acquiescement.

Pas très bavard, se dit youen en montant à ses côtés.

Tout au long du chemin, notre ami essaya d’engager la conversation, mais l’autre imperturbable restait muet. Sous son chapeau on distinguait à peine son visage, il semblait très pâle et fort maigre. Quand il arrivèrent à proximité de la chaumière, Youen mit pied à terre en remerciant l’homme.

- Attends ! dit celui-ci. En m’aidant tu m’as fait gagner du temps et le temps est pour moi très important car j’ai à faire un ouvrage qui ne souffre aucun retard. Je vais te rendre un peu de ce temps que tu m’as fait gagner.

Il prit dans son sac une poignée de cire qu’il malaxa entre ses doigts osseux puis il y ajouta une mèche pour faire une bougie.

- Prends cette bougies et chaque année à la même époque, place la allumée sur le seuil de ta porte.

Youen remercia l’homme en tremblant, car il venait de reconnaître en son compagnon de route le terrible Ankou. Celui-ci repris sa route et disparu dans la brume ne laissant plus entendre que le grincement des roues qui s’éteignit dans la nuit.

Si un soir, vous promenant sur la route qui borde le marais vous apercevez une petite lueur, c’est la bougie de Youen, il paraît qu’il vit encore.

 

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27 octobre 2009 2 27 /10 /octobre /2009 18:22

Dans un pays lointain, un riche marchand sentant sa fin prochaine fit venir son plus fidèle serviteur.

- Mon ami, je sais que le temps m’est compté, aussi, avant de paraître devant mon créateur, je tiens à faire un geste pour le pays qui m’a vu naître, ma chère Bretagne. Prends cette bourse emplie de pierres précieuses et embarque toi pour la Françe, Là-bas rends toi dans mon village natal, trouve la personne la plus méritante et remets lui cette bourse.

Le serviteur prit congé de son maître et fit ce qu’il lui avait demandé. Il prit un voilier et quelques semaines plus tard arriva au port de Brest. Ayant débarqué, il se mit en chemin pour le village que son maître lui avait indiqué. La route était longue et sinueuse. Quand il arriva enfin, fatigué par le voyage et couvert de poussière, il se rendit tout naturellement au manoir du lieu, pensant que la personne importante qui devait vivre là, devait être la plus méritante. Ayant frappé à la porte il demanda à être reçu.

- Monseigneur, il y a dans la cour un voyageur qui vous demande d’être reçu.

- De quoi a t’il l’air, le bougre ?

- Il a la mine sombre et l’habit bien sale, Monseigneur.

- Je n’ai que faire de tous ces mendiants et ces va-nu-pieds qui frappent à ma porte ! Qu’on lui donne la bastonnade et qu’on le jette dehors.

Le pauvre homme fut saisit, roué de coups et jeté au fossé. Couvert de boue, le visage en sang il partit se réfugier dans la cour d’une ferme. Mal lui en prit car le paysan le prenant pour un rôdeur lâcha sur lui ses chiens.

- Attaquez ! Mes loups. Maudit briguant ! Il n’est pas né celui qui me volera mon bien.

Mordu de toutes parts, les vêtements en lambeaux, notre homme frappa aux portes des maisons du village, mais l’étranger faisait peur et les portes restaient closes. La nuit était tombée et notre ami avait froid et faim. L’aubergiste, devant sa triste mine lui avait refusé le gîte et le couvert. Harassé, ne sachant plus où aller, il se dirigea vers la petite église et s’allongea sous le porche. Un bruit le fit sursauter. Sortant de l’ombre face à lui se tenait une mendiante.

- Vous m’avez l’air bien mal en point, dit elle, on voit bien que comme moi la chance ne vous a pas servi. Tenez prenez un peu de ce pain, ce n’est pas grand chose, mais cela vous donnera des forces.

Dieu soit loué, murmura l’homme, puis s’adressant à la mendiante il lui déclara : « Toi qui m’a fait l’aumône d’un sourire, d’une parole. Toi qui as pris pitié de moi en me donnant du pain, tu est assurément celle que je cherchais.

Il remit à la mendiante la bourse que lui avait confié son maître et sans attendre avec le sentiment du devoir accompli, disparut dans la nuit.

Quant à la mendiante ainsi devenue riche, elle ne manqua jamais de laisser à sa table, une place pour le pauvre ou l’étranger qui passe.

 

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24 octobre 2009 6 24 /10 /octobre /2009 14:07

Mort ! Il est mort le vieux, il en finissait pas de crever. Deux ans qu’il trainait son cancer, pour une fois qu’il a trouvé son maitre. C’est vrai qu’en le voyant comme ça si maigre, si pâle, il ne me fait plus peur.

Ah ! on peut dire que j’en ai pris des tartes avec lui. Je me souviens, au moment des bulletins scolaires, je n’en menais pas large, surtout que l’école et moi, c’était comme deux et deux font cinq. Les récompenses, les prix d’honneur, c’était pas pour moi. Non moi, j’avais plus-tôt le premier prix de rêverie, celui qu’on donne au ptit gars qu’est bon à rien, celui qu’on exile au fond de la classe et dont a déjà tracé la route. Il ne fera rien dans sa vie. Toujours est-il que ce fameux bulletin, quand  il arrivait dans la boite au lettre...

- Viens ici !

Mon père était assis, il tenait le bulletin ouvert. Sa main, sa grosse main d’ouvrier tremblait. 

- Approche ! plus près

Là, il énumérait les différentes matières, invariablement suivies de notes exécrables, de places déplorables, de commentaires inécoutables puis il me fixait droit dans les yeux, se levait en silence, ouvrait la boucle de son ceinturon et faisait glisser la longue lanière de cuir entre les passants.

- Tiens ! tiens ! ça sert à quoi que je me crève  tous les jours, tiens !

La lanière de cuir cinglait sur mes jambes nues.

- Allez ! monte, ce soir c’est au pain sec et à l’eau

Si je pleurais  alors, c’était plus de rage que de douleur. Je marmonnais :

- Attends, attends un peu, quand je serai grand tu me le paieras !

Le temps a passé et j’ai grandi puis un jour j’ai quitté le nid et me suis construit. Dans ma vie j’ai fait des tas de choses, pour moi bien sur, pour ma famille mais surtout pour prouver au vieux de quoi j’étais capable. Mais jamais, jamais une fois il ne m’a dit «  c’est bien ce que t’as fais »

Hier, à l’enterrement, un copain de mon père m’a serré la main, il m’a dit

- Tu vois ton père c’était un brave homme, il nous parlait  souvent de toi, il était fier de son gamin.

Pourquoi j’ai pas su ? pourquoi j’ai pas compris ? pourquoi j’y ai pas dit «  Papa, je t’aime ». 

 

 

 

 

 

 

 

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  • : Les Bretons brandissaient leurs terrible penn-bazh ! Je ne sais plus de quel ancien livre j'avais tiré cette phrase mais ce fut le début d'une belle aventure.
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