Dimanche 22 novembre 2009

Soufflez binious sonnez bombardes

Jeunes et vieux,  entrez dans la ronde

Soufflez binious sonnez bombardes

les mains se joignent et se répondent

 

l’accordéon se mette en branle, le chant se libère

kan an diskan le cœur a son échos

 les corps tressaillent,  les sabots martèlent le sol

gavotte, fisel, laridé, et an dro

 

danses antiques aux rythmes tribaux

c’est la Bretagne qui danse, c’est la bretagne qui chante

de Nantes à Brest de Vannes à St Malo

c’est la bretagne vivante

breiz atao

Par le passager
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Mercredi 18 novembre 2009

 Nous serons braves, dans le tumulte
et dans la fureur de la bataille.
Les sabots de nos coursiers ne toucheront point terre.
Nous serons braves sous l’or du soleil
que fera pâlir l’éclat de nos épées,
assoifées du sang des impies.
Nous serons braves, torques d’or rutilants,
lances tendues à la face des démons,
l’écume aux dents de nos montures !
Ceux que la mort prendra, heureux soient-ils !
Heureux soient-ils, ceux que la mort enlèvera !
Autour de l’âme des héros, il n’y aura jamais de brume,
jamais de pluie grise, jamais de charognards !
Heureux ceux qui mourront ! Car plus haut que les montagnes
sera crié leur nom et les Dieux béniront leur souffle !
Nous serons braves au matin, fauchant l’ivraie des démons
comme les chaumes sous le soleil d’août !
Et pendant deux cents années, notre victoire sera chantée !
Nous serons braves, torques d’or rutilants,
lances tendues à la face des démons,
l’écume aux dents de nos montures !

"Vercingétorix, le défi des druides"
Roman de Cécile Guinard-Vanuxem
Editions Cheminenments 

Par le passager
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Mercredi 18 novembre 2009

J’ai fait cette nuit un terrible rêve. Je me tenais debout, au sommet d’une colline peuplée de lande. Le vent soufflait et je voyais au loin, haut dans le ciel, un gros nuage noir qui s’approchait. En bas, la vallée semblait bercée d’une douce quiétude ou rien ne transparaissait, comme à la veille d’un terrible drame. Le nuage était maintenant sur moi,  curieusement, il avait revêtu la forme d’un immense corbeau que chevauchait une femme, dont je distinguait à peine la silhouette mais dont le rire mécanique me faisait frémir. Au fur et à mesure que l’ombre de l’oiseau géant s’étendait sur la vallée, je voyais la terre se tordre, se craqueler avant d’être engloutie par une gigantesque marée de boue grisâtre. la femme riait. Déchiré par la terreur, je dévalais alors la colline en courant mais je savais déjà que pour les miens il était trop tard.
Le réveil a sonné et à ce moment là il m’a semblé encore entendre la femme qui riait.

 

Par le passager
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Mardi 17 novembre 2009

Wyon était orphelin. Abandonné quand il avait cinq ans, il avait été recueilli par une magicienne qui l’avait élevé. Oh ! Ce n’était pas par bonté d’âme, mais il lui fallait un serviteur et un enfant faisait aussi bien l’affaire. Un jour alors qu’elle devait s’absenter, elle mena le jeune garçon dans une grotte obscure.

- Je pars collecter quelques herbes pour mes philtres magiques. Prends ce chaudron, il contient la potion d’où je tire mes pouvoirs. Allume un feu, pose le récipient dessus et surveille la cuisson, celle-ci doit être lente et progressive mais prends garde ! S’il en était autrement je te le ferai payer chèrement.

Ayant dit ces mots, la magicienne sortit de la grotte laissant seul le pauvre Wyon qui se mit à l’ouvrage. Après avoir entassé quelques fagots, il alluma le feu et mit à chauffer le breuvage. De temps en temps, quand la flamme baissait, notre ami remettait quelques branchages dans le feu. Assis devant le chaudron, wyon ne quittait pas des yeux la potion verdâtre qui doucement clapotait, clapotait, clapo… Bercé par le doux clapotis, le garçon s’était endormi.

Privé de surveillance le feu s’était emballé, la potion se mit à bouillir et à déborder du chaudron. Quelques gouttes de la potion tombèrent sur les lèvres de Wyon qui, réveillé en sursaut renversa dans un geste maladroit le chaudron et son contenu. Quel malheur ! La magicienne ne lui pardonnerait jamais cette maladresse. Il fallait partir, fuir, s’éloigner au plus vite. Il n’en n’eut pas le temps car celle–ci venait de faire son entrée. A la vue du chaudron renversé elle entra dans une terrible fureur et se transforma en un énorme chien aux crocs acérés. Pris au piège le jeune garçon se sentait perdu.

- Ah ! Si seulement j’étais une souris, je pourrai m’enfuir.

Il avait à peine prononcé cette phrase, qu’il se métamorphosa en souris, oui oui une toute petite souris. Les quelques gouttes de potion reçues sur ses lèvres lui avait donné ce pouvoir.

- C’est donc ainsi ! S’exclama la magicienne et prenant l’apparence d’un chat elle s’élança à la poursuite de Wyon. Arrivé sur le bord d’une rivière et se sentant rejoint, le garçon se jeta à l’eau en se transformant en gardon, le chat se fit brochet et n’eut aucune peine à rattraper le petit poisson qui sortit de l’onde sous la forme d’une hirondelle et s’élança vers le ciel. Peine perdue car le brochet devint un aigle. Wyon sentant sa fin si proche pris la forme d’un grain de blé et se laissa choir dans la cour d’une ferme. La magicienne qui l’avait vu tomber, prit enfin la forme d’une poule et d’un coup de bec engloutit notre ami. Elle n’eut pas le temps de chanter victoire car un coup de hache l’abattit sur le champ.

- Je ne sais pas d’où vient cette poule, dit le fermier mais comme elle est sur ma terre il est juste qu’elle participe à mon dîner. Il porta la poule à son épouse qui se mit en charge de la dépouiller. Quelle ne fut pas la surprise du couple de fermiers quand, en ouvrant la poule, il trouvèrent dans le ventre de celle-ci un œuf et dans cet œuf un jeune garçon qui leur souriait.

- Regarde dit la femme, nous qui n’avons pas d’enfants les dieux nous offrent un garçon. Ainsi adopté Wyon vécut longtemps et heureux dans cette famille. Quant à la magicienne, il n’en reste que le souvenir d’un bon repas et cette plume sur mon chapeau de conteur.


Inspiré du légendaire celtique

Par le passager
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Dimanche 15 novembre 2009
 

Écris-moi, mon ami, si devant ta faucille
Le seigle mûr de couleuvres fourmille ;
Dis-moi, brave Berthel, si les chiens altérés
Errent par bande aux montagnes d'Arréz.

Hélas ! durant ce mois d'ardente canicule,
Tout fermente ; et partout un noir venin circule.
Pour charmer les serpents tu m'as dit tes chansons
Quand, dressés sur la queue, ils sifflent prêts à mordre,
On siffle : eux de rentrer leur dard et de se tordre,
Et, charmés, de s'étendre aux rebords des buissons.

Ainsi, d'un pied hardi je vais dans la campagne.
Puis, je porte à la main un penn-baz de Bretagne,
(De noeuds égaux formé, garni d'un bout de fer) :
La fougère suffit pour trancher les couleuvres ;
Mais les chiens dans ce mois errent, je crains leurs oeuvres,
Eux craignent mon penn-baz lorsqu'il tourne dans l'air.

Écris-moi, mon ami, si devant ta faucille
Le seigle mûr de couleuvres fourmille ;
Dis-moi, brave Berthel, si les chiens altérés
Errent par bande aux montagnes d'Arréz.

Auguste BRIZEUX (1803-1858)
(Recueil : Les Ternaires)

Par le passager
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